memoires-hs-le-texte-de-john-sionruos

C’est avec un nouveau texte de la communauté que l’on commence cette belle semaine riche en évènement ! Pensez au Leelh Chat de demain avec en spécial guest star : Lelag du Chaos ! Sinon, pour le texte, le gosse ne serait pas un gosse ? Mais voyez plutôt comment tout cela est bien possible !

“T’es sûr ?”

Le mec se tenait les parties entre les deux mains, comme si la pudeur avait encore une place dans ce monde de fou.

“Regarde-moi ! Si je te dis que ce sale gosse m’a tiré mes affaires !

— Un gosse ?

— Yep ! Un sale gosse, pas trop de cheveux… Il aurait pu me laisser mon slip !”

Son interlocuteur s’esclaffa devant la tête de son ami qui réplica:

- Toi tu t’es fais avoir par le Gang d’Izmarat ! Je savais pas qu’ils étaient revenus dans cette partie de Leelh. C’est un groupe de nains Emnus. Ils se font passer pour des gosses, mais je croyais que ça faisait déjà quelques mois qu’ils avaient quitté la région. Comment c’est arrivé ?

- Bah, aujourd’hui c’était mon tour d’aller chercher de l’eau. Je suis donc allé au puits et alors que je remplissais les conteneurs, j’ai entendu des pleurs. Du coup, chuis allé voir, et j’ai vu ce gosse là…

- Classique. Je suis étonné que t’ais jamais entendu parler d’eux. Ils ont pourtant déjà fait le coup à Camel il y a six mois.

- C’est normal, il y a six mois, je ne faisais pas parti de la communauté, et j’imagine que ça fait parti des histoires de feux que j’ai raté?”

- Qu’en j’y repense, la tête qu’avait Camel! Il était tellement énervé qu’il voulait repartir les pourchasser! Mais notre chef l’a empêché de partir, j’ignore pourquoi d’ailleurs.

- Mais oui! Ca c’est une idée bordel ! Allez viens, on va leur casser la gueule à ces mioches.

- C’est pas des mioches…

- C’est pareil, je m’en fous ! Si on arrive à mettre fin à ce gang, le chef nous récompensera sûrement. Et à nous les bons repas !

Ses yeux étincelaient déjà et l’imminence du filet de bave au coin de la bouche se faisait attendre.

Son pote lui jeta un regard un crédule, puis au bout d’un moment, voyant qu’il ne plaisantait pas, soupira exaspéré:

“- Allez, va donc te chercher d’autres vêtements. Mais ne dis rien au chef, sinon il voudra jamais qu’on parte.

- J’arrive toute de suite!”

Il partit en courant et revint cinq minutes plus tard, armé d’un bâton, un sourire pas très sain aux lèvres…

Ils quittèrent discrètement le campement et partirent en direction du puits afin de chercher une piste pour suivre les auteurs du crime.

“- Et pourquoi ils font ça au juste ?

- Qui ça, le Gang d’Izmarat ? Je crois que c’est pour montrer aux autres qu’ils sont les plus forts. Mais t as eu de la chance : ce sont aussi des Turnes. Si t’avais été un Emnus, non seulement ils t’auraient pris tous tes vêtements, mais ils auraient aussi laissé ton cadavre sur place.

- Ils sont vraiment tarés. Tuer et voler des gens pour un complexe de supériorité…

- Parcque tu crois que t’es sein d’esprit toi ? Ca fait longtemps que le chef a dit qu’il fallait pas sortir seul, même pour aller chercher de…

- Je sais, je sais, c’est bon, me fait pas la morale ! Trouvons ces fils de pute et faisons leur regretter ce qu’ils m’ont fait !

- C’est bon, t’énerves, pas, je disais pas ça pour te faire la morale.

- Ouais je sais, désolé, mais tout ça me porte sur les nerfs : m’être fait avoir aussi facilement par ce sale gosse.

- C’est pas un gosse…

Ils arrivèrent près du puits.

“- Tiens, regarde le pas-doué, il a même fait tomber ma chaussette là. “

Il désignait une vague forme.

“- T’in, t’as le coup d’œil toi !”

L’autre le regarda d’un air visiblement flatté et vantard.

“- Et ouais, qu’est ce que tu crois.

Ils se rapprochèrent de l’endroit ou se trouvait la chaussette.

“- Tiens, au fait, comment il a réussi à t’assommer ?

L’autre marqua une pause pour réfléchir.

- Heu, maintenant que tu m’en parle, je m’en souviens pas.

Il ramassa sa chaussette pour se tourna vers son pote pour détailler sa réponse lorsqu’il vit deux petites créatures ressemblant à des enfants se jeter sur eux. Il n’eu le temps que d’afficher un regard surpris avant qu’ils se fassent tous deux assommer.

Publié par Kanjy dans Roleplay

memoires-hs-le-texte-de-sato

C’est Lundi Youpie ! Avant, le Lundi c’était simplement la fin du Week-End… Mais, depuis qu’il y a les Mémoires HS, le Lundi, c’est la vie ! On continue avec un super texte envoyé par Sato pour le concours d’avatar perso… Profitez bien et bon début de semaine à tous !

Pépé l’avait toujours dit

De la survie en milieu hostile…

Pépé  l’avait toujours dit. Pépé avait toujours raison. C’est pas qu’il était philosophe, mais s’il avait encore sa tête sur ses épaules, c’est qu’il avait de la jugeote. Et quand un gamin avec un slip sur la tête lui est passé devant à toute vitesse, Pépé s’est dit que c’était pas sa journée.

Chose qu’il se répétait à présent qu’il voyait le sol défilé au pas et qu’il sentait la force de l’homme qui « l’aidait » à marcher. Il voulait un slip qu’il disait, un slip comme celui que portait ce satané gosse que Pépé aurait mieux fait d’oublier. La belle aventure que voilà, Pépé ! Obligé de chasser un morceau de tissu crasseux…

Craque-les-Os (c’était comme ça que Pépé l’avait surnommé quand il l’avait vu faire craquer pratiquement tous les os de son corps1) était pas bien fin : il était autant à l’étroit dans une porte qu’il avait de place dans sa caboche.

La chevauchée  était épique. Pépé voyait défiler les ruines, la nature monstrueuse et menaçante ; lui, il avait jamais voyagé… trop dangereux. Et bien, tu vois Pépé, t’es servi ! Derrière lui, Craque-les-Os humait, haletait et grognait. Faut dire que Pépé c’était presque un poids plume, avec le presque qui allait avec. Il se sentit ralentir et s’arrêter. Et Pépé tomba par terre. En se frottant les fesses, il jeta un œil d’où il était. L’autre gros, il s’était assis et se mangeait un truc pas net.

C’était un tronc d’arbre qui faisait le milieu de l’endroit. Autour de Pépé, c’était une multitude de bruits bizarres et plein de mouvements affolant. Un gargouillement. Pépé regarda avec désapprobation son ventre, et c’est la tête de Croque-les-Os qui lui balança un sourire crispé en passant devant ses pieds. Alors Pépé commença à trembler et se recroquevilla à côté du tronc. Pépé savait que c’était pas bien ; oh oui ! il le savait que c’était pas bon ; et il en devint sûr quand un long bras arachnéen passa autour de son cou à lui. Et Pépé, il devint la charge de Marche-avec-les-Ombres (c’était comme ça que Pépé l’avait surnommé quand il le voyait apparaître et disparaître tout le temps2).

Et Pépé  soufflait. Et Pépé avait mal aux jambes… Craque-les-Os lui manquait maintenant ; et Marche-avec-les-Ombres lui faisait peur. Pépé, il le savait qu’il aurait jamais du le voir ce foutu gosse… Ouais, il l’avait senti qu’il aurait des ennuis à voir ce sale gosse.

Et pendant ce temps, Marche-avec-les-Ombres lui tapait les flancs droit ou gauche pour le faire changer de direction. Et Pépé marchait ; et Pépé, il obéissait. Jusqu’à arriver à une drôle de mare poisseuse avec des bulles dedans. Pépé s’affaissa en dévisageant le panneau affalé à côté de lui.

Dessus, on pouvait apercevoir deux bonhommes qui se tenaient la main, l’un plus grand que l’autre, à travers les couches de saleté, les rayures et les bosses qui parsemaient la taule. Marche-avec-les-Ombres avait encore disparu. Un craquement. Pépé regarda avec étonnement Marche-avec-les-Ombres sortir de buissons et tomber sur le ventre. Et la tête, elle continuait de regarder Pépé grâce à son cou tout tordu. Alors Pépé commença à trembler et se recroquevilla à côté du panneau et de la mare à bulles. Pépé, il savait que c’était pas bien ; oh oui ! il le savait que c’était pas bon ; et il en devint sur quand il vit la tête réduite pendre le long d’un bâton et chatouiller son nez. Parce que Mâche-Mort (c’était comme ça que Pépé l’avait surnommé parce qu’il mâchait toujours quelque chose3), il était aussi à la recherche du gamin au slip.

Les pieds de Pépé le grattaient. Et les mains de Pépé le démangeaient. Et en se les frottant, il se demandait vraiment lequel de Craque-les-Os ou de Marche-avec-les-Ombres lui manquaient le plus. Parce que Mâche-Mort, Pépé il n’en avait pas peur… Non. Pépé, il en avait la trouille… C’était le démon de Pépé, venue le hanter parce qu’il s’était moqué de la Terre et qu’il n’avait pas prit soin de la Terre. Vilain Pépé ! Et il imaginait déjà sa petite tête pendre au bout du bâton de Mâche-Mort. Jusqu’à arriver devant une grosse plante rigolote.

Tellement rigolote que Pépé y vit un slip sur le bord de ce qui semblait être la « fleurs ». Pépé le montrait du doigt et Mâche-Mort, il posa son bâton par terre pour aller chercher le slip tant convoité. Et pour disparaitre en un claquement sonore. Pépé savait bien que c’était dangereux de sortir. Et en ramassant le bâton à tête réduite, il dévisagea le gosse qui rigolait derrière la grosse plante Mange-Hommes. Pépé, il eut un sourire. Et il se dit que c’était peut-être pas sa journée, mais qu’avec la jugeote qu’il avait Pépé, il était sur que c’était pas celle du gosse non plus.

Pépé  l’avait toujours dit. Pépé avait toujours raison. C’est pas qu’il était philosophe, mais s’il avait encore sa tête sur ses épaules, c’est qu’il avait de la jugeote. Et c’est en rigolant qu’il y pensait Pépé, en donnant la fessé au sale gamin qui avait perdu son slip.

Publié par Kanjy dans Roleplay

memoires-hs-le-texte-de-remy

On continue notre exploration des méandres de l’imagination de la communauté avec le texte de Rémy ! De bonnes répliques et du rythme, vous allez adorer !

La ficelle, c’pas mon truc

- Il va falloir que tu m’racontes encore, j’crois que j’ai dû mal comprendre.

Deux personnes étaient assises autour d’un feu, à l’abri d’un escalier, espérant la fin de la pluie. Un homme rongeait un os, et les quelques rares bouts de viande qui s’y accrochaient. En face, une femme regardait vaguement le sol, puis pris la parole :

- Si ça t’amuse, moi pas.
- Oh non, j’ai pas envie d’rire. J’veux juste saisir l’binz.
- Ok… bon.

Elle prit une profonde inspiration, puis se lança.

- Il y avait ce mec, totalement à poil et pas trop moche. Ca se faire rare, de nos jours.
- Alors tu t’es dit que c’était la bonn’ occaz ?

Un silence.

- Vas-y, petite. Continue.
- Le mec s’était fait voler toutes ses affaires, il en pleurait presque. Et il se les gelait.
- Pauvre choupinou.
- Je voulais l’aider. Je me mets à sa place !
- T’sais, s’tu veux t’foutre à poil, on s’plaindra pas.
- Pervers !
- Ca va. Si on peut mêm’ plus rire… Alors, ton biquet ?
- J’ai promis que je retrouverai le sale gosse qui lui a fait ça.

L’homme remua un peu, comme gêné par quelque chose. Il regarda vers le ciel, puis jeta son os au loin.

- Ca va bientôt s’arrêter, c’te foutue pluie. Berné par un mioche, faut l’faire.
- Enfant ou pas, c’est pas humain de faire ça.
- Tu l’as consolé avec un câlin ?
- Non… Mais je suis allée voir les gars de la bande, et je leur ai dit qu’il y avait un petit pactole à récolter si on y arrivait.
- Donc l’mec, il a l’manche à l’air, mais il a une récompense. Et les lourdeaux t’ont cru.
- Oui.
- Bah, on est pas prêts d’savoir à quoi ressemble un micro-ondes, avec des génies pareils.
- Un… quoi ?
- Fais pas gaffe, t’laisses pas divertir.

La frêle jeune femme se leva, alla au fond de l’abri, et revint avec des broussailles séchées. Qu’elle jeta dans le feu, pour l’alimenter. Elle repris sa place et poursuivit.

- On est partis avec ce que l’on avait sous la main : des couvercles, des tubes métalliques, et de l’eau.
- L’bon plan ! C’pas comme si c’était pas mon arsenal.
- Désolée, je pensais que…
- C’bon, va. On va pas en faire une histoire, hein. Et vous êtes allés où, les héros ?
- A Leelh…
- Ah, En v’la une idée qu’elle est bonne ! Vas-y, précises.
- A l’opéra.
- P’tain, ça recule devant rien, les minettes.
- On a croisé un vieillard. Il nous a dit qu’il connaissait ce gosse, et nous a informé qu’il planquait là-bas.
- Faudra songer à lui couper les pieds, à ton vioque. Vas-y, abrèges. Va falloir qu’on file, bientôt.

La femme regarda vers l’extérieur de l’abri, et remarqua que les gouttes de pluie tombaient de moins en moins fort.

- On a été prudents, pourtant. Mais on n’avait pas pensé tomber sur quelque chose d’aussi gros.
- T’veux dire ?
- Que les bestioles qui nous ont attaqué, elles avaient plein de bras et peut-être même plusieurs bouches.
- Ca, c’est exotique !
- Les gars se sont faits trucider. Moi, j’ai courru.
- T’as quand même fini par faire quelqu’ chose de censé. C’est bien.

La pluie venait de cesser. Quelques gouttes tombaient encore des toitures délabrées. L’homme se leva, dénoua sa musculature imposante, puis éteint le feu a grands coups de chaussures. La femme se remit sur pieds également. Et parla tout en le regardant faire.

- On va où ?
- A la planque. Au fait, faut que je t’avoue un truc.
- Quoi ?
- Ton gosse, là. C’est mon n’veu.
- Tu plaisantes, j’espère.

D’un geste vif, l’homme dénoua alors sa ceinture, laissant tomber son pantalon sur ses chevilles. Il arborrait fièrement un slip rose, troué à des endroits qui interdisaient toute pudeur.

- J’ai l’air de rire, petite ?
- C’est immonde !
- Boarf, moi j’aime bien.
- Je veux dire : pourquoi t’as fait ça ?

De son index droit, l’homme pointa son propre visage.

- Il m’a piqué mon oeil, j’ai eu son slip. On a qu’à dire qu’on est quittes.
- Je…
- J’te préviens. S’tu files, j’pourrais bien te l’faire payer.

Dans le paysage dévasté, seule l’humidité du sol témoignait encore du passage de la pluie. L’homme se rhabilla et sortit le premier, la jeune femme sur ses talons. Elle brisa le silence.

- Je peux te poser une question ?
- Ca roule, ma poule.
- Pourquoi il t’as creuvé un oeil ?
- Un jour, j’ai lorgné son slip. M’a pris pour un salasse.
- T’es dingue.
- J’avais jamais eu d’slip. T’peux pas comprendre c’que ça fait, toi.

Un silence, puis il reprend.

- Il y a juste un machin qui m’embête.
- Quoi ?

Il hésite, puis dit :

- La ficelle, c’pas mon truc.

Publié par Kanjy dans Roleplay

memoires-hs-le-texte-de-dricka

Salut à tous,

On continue l’exploration des textes des Leelhois avec le texte de Dricka. Vous découvrirez qu’il vaut mieux ne pas l’avoir sur vos traces !

Pas ici…

Dricka eût un soupir en refermant la porte grinçante du pied. Traquer alors qu’elle se remettait à peine de sa blessure… Suicidaire. Et le suicide, c’était un luxe dont personne n’avait besoin. Mais le vieux était prêt à donner à manger à qui choperait le gamin qui lui avait pris jusqu’à son slip quand qu’il faisait sécher ses fringues. Et manger, c’était aussi un luxe, mais tout le monde en avait besoin. Le vieux avait toujours à grailler, lui. Elle se demandait comment il faisait, avec son corps voûté. Sûrement une combine. Sans,  on ne survit pas aussi longtemps. Les gens faibles et honnêtes, ça vit pas longtemps. Vaut mieux être roublard… Ou débrouillard, comme disent les hypocrites qui pensent être des gens bien alors que la veille, ils ont regardé crever une femme qui s’était fait attraper par une créature. Si elle avait pu manger un truc, elle l’aurait sûrement vomi.

Son estomac se mit à gargouiller douloureusement. Elle ferait n’importe quoi pour se débarrasser un seul instant de ce pincement qui lui tordait les tripes et qui s’agrippait à son esprit depuis l’aurore.

Elle leva les yeux vers un immeuble qui ressemblait à un Jenga branlant, et se dit qu’avec de la hauteur, elle aurait peut-être une chance de voir le gosse. Puis il fallait économiser ses forces. Si elle rentrait bredouille et l’estomac au fond de ses godasses mitées, elle aurait vraiment perdu sa journée.

Elle traversa la rue sur ses gardes : il y avait toujours les bêtes tapies dans l’ombre à l’affût… La meilleure tactique de chasse. Se terrer et s’économiser jusqu’à ce que la proie soit à portée : efficace. Elle s’installa à la porte autrefois vitrée de la tour et fit mine de s’assoupir. Un petit malin traîne pas trop dehors si il veut rester en vie. Puis pour avoir volé les fringues du vieux alors qu’il était à côté, c’est qu’il aimait les défis…

Un bruit de pas léger… Des doigts soulevant son poignet… Une main dans sa besace… Elle chopa le bras et ouvrit les yeux pour voir un gamin stupéfait. LE gamin. Rasé, comme avait dit le vieux. Elle l’avait attendu, les fesses meurtries par le gravier pointu qui jonchait le sol. Elle avait failli s’endormir et se prendre à son propre piège… Mais elle était réveillée et ne comptait pas le lâcher, même s’il tentait de s’évader.

-         Tu allais faire quoi, là ?

Une pression à l’arrière des genoux du gamin le fit glisser au sol. Dricka n’était pas une brute mais elle connaissait les gestes pour immobiliser l’ennemi. Elle n’eût plus qu’à le pousser pour qu’il tombe à plat ventre dans les cailloux. Elle s’assit sur son dos pour le maintenir au sol.

-         Les fringues du vieux, elles sont où ?

Le gamin se débattit comme une mouche carnivore prise dans une mâche-os.

-         Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Lâche-moi !

-         Dis-moi où et t’es libre.

Il se remit à gigoter pour s’enfuir. Ce n’était qu’un gosse, mais son impertinence et sa faim dévorante bâillonnèrent vite ses scrupules. La morale, c’était vraiment un truc inutile… L’avait-elle été un jour ? Vu où en était l’Humanité, elle en doutait. Mais pas de philosophie. Là, c’était l’instant roublardise…

A contre cœur, elle prit les oreilles du gamin et lui frotta la tête dans le gravier en essayant de ne pas écouter ses cris. En plus d’être chauve, il serait très moche…

Pense à la bouffe…

Après quelques vas et viens, elle entendit un gargouillis d’excuse : il passait enfin à table. Soulagée, elle lâcha sa tête pour écouter les indications hachées de reniflements et de pleurs. Elle le ficela au cas où il lui ait donné de fausses indications, puis se rendit à la cachette, honteuse.

Tout ça pour survivre un jour de plus…

Publié par Kanjy dans Roleplay

memoires-hs-le-texte-dalana

Bonjour à tous,

Continuons notre exploration des créations du concours de textes roleplay avec le texte d’Alana. Je vous laisse à votre lecture, n’hésitez pas à commenter, ça fait toujours plaisir à l’auteur ! Bon Lundi post-apo !


— Mensonges. C’est rien qu’une foutue légende.

— J’ai menacé de le couper en morceaux !

Un silence lourd de sens prend place jusqu’à ce que le Toche se décide à le rompre d’un ton monocorde.

— Le gosse. Je lui ai fais croire que j’avais une seconde planque. Pour qu’il se tire.

— Où ?

— Dans la zone morte.

Sale situation. Bloqué dans une saloperie d’impasse. Alana en pleine crise, pleurant toutes les larmes de son corps sur le cadavre du gosse. Presque à croire qu’elle te l’a écharpée par mégarde.

“Arrête de chialer, merde ! Tu vois pas qu’on a un foutu problème, là ?”

Une bande de crève la faim bloque la sortie de leur ruelle. Le Toche avait cessé de les compter à partir du moment ou ses doigts n’avaient plus suffit pour y arriver.

Son bras se fait lourd à force de manier l’arme. Il faut pourtant les tenir à distance. A croire que la fin est proche… il doit gagner du temps.

“Bouffez donc ça, les crevards !” Gueule t-il en leur envoyant le corps du gosse à grand renforts de coups de pieds.

De quoi les occuper… mais pas assez pour pouvoir passer sur le coté sans se faire chiquer la patte. Le mur derrière eux, seule issue possible. Fichtrement haut… besoin de la gamine pour passer.

“Reprend toi, bordel ! J’veux pas me faire bouffer !” La tance t-il en la secouant durement. Une gifle bien chargée sur son minois n’arrange pas plus l’affaire.

Mais qu’est ce qu’il lui arrive ?

Un souvenir fugace traversa l’esprit du Toche. Un autre chiard avec qui elle traînait. Son frère. Mort il y a peu. Dur d’y voir une ressemblance avec leur macchab’ quand même. Surtout alors qu’une des horreurs lui arrache la face à grands coups de dents.

“Le plan, Alana ! Regarde ! On l’a !” Lance le Toche en tirant une liasse de papelards. Idée de génie. Les yeux de sa camarade retrouvent leur éclat, une main hésitante se tend vers les papiers.

“Pas le temps ! Secoue moi ton petit cul et grimpe, je te fais la courte !”

De nouveau elle même, il ne lui faut que quelques instants pour se placer à califourchon sur le rebord afin d’aider le Toche à se hisser. Pas encore assez rapide. Des mains avides se refermèrent sur les jambes du retardataire pour le retenir et ces pieds qui patinent sur le béton humide, pas moyen de grimper.

Montée de panique. Ruade dans le tas. Faut se dégager. Le Toche resserre sa prise sur les poignets de la fille. En haut, elle menace de basculer avec lui. Trop lourd. Qu’importe, pas question qu’il lâche.

Juste la pointe de folie nécessaire. Il parvient à se dégager de justesse et achève son ascension. Sans attendre ils sautent de l’autre coté du mur et s’enfuient.

Plus tard, alors qu’ils contemplaient leur nouveau trésor, le Toche reçut son 3ème coup dur de la soirée.

Ils étaient incapables de lire les papiers mais lui se rappela d’où il les avait eu. C’était des histoires que lui racontait son vieux alors qu’il n’était qu’un gamin. Rien qui puissent les sauver. Mais mieux valait se taire. Alana avait besoin d’y croire. Autant qu’elle garde ses espoirs…

Publié par Kanjy dans Roleplay

memoires-hs-le-texte-de-vinxce

Bonjour à tous,

Une fois n’est pas coutume, j’ai décidé de n’en faire qu’à ma tête et de poster les super textes que j’ai reçu pendant toute la durée du concours Gagne ton avatar exclusif ! Donc c’est parti pour le premier texte : celui de Vinxce ! Je vous laisse à vos lectures, très bon début de semaine !

Retour de chasse… Le chef d’clan vient nous voir… Son gosse vient de sortir hors du village… Et pire, faut l’retrouver… Il est sorti dehors, sans être accompagné… Il a qu’à s’faire bouffer par une bête, et l’histoire est réglée, mais bon, vu que c’est l’gosse du chef, on doit l’retrouver… Même pas d’repos après une chasse bredouille, pis l’chef dit que c’est une raison pour s’rattraper… Mon œil…

Bon, pas de temps à perdre, on y va… Où qu’il ait pu aller c’gosse… C’est si grand dehors… On en a pour des heures… P’tet même bien pour des jours…

Bon les gars, on va se séparer, on ira plus vite… J’vais voir du côté de l’espèce de grand entrepôt… C’est plein d’sable, il a du aller jouer la bas… Bon, l’entrepôt… Hummm… Par là… Vais couper par la forêt, j’gagnerais p’tet 2 heures de marche… J’approche des premiers arbres…

Mince, c’te foutue forêt est vaste, va falloir que j’reste sur mes gardes, pas envie d’finir dans l’estomac d’une bestiole…

Pas un bruit, juste le vent… Ca fait seulement quelques minutes que j’suis rentré dans c’te foutue forêt, que j’en vois déjà plus la limite… J’suis même pas capable de savoir s’il fait toujours jour…

Pfff, ca commence à se faire long c’te marche… Et toujours pas un signe du gosse…

Merde! Un truc à bougé sous mon pied… C’était quoi? Hummm… J’sors mon arme, on sait jamais… Pis, j’vais m’en servir pour dégager un peu l’chemin…

*Plic… Ploc…Braaaaooouuummm*

Merde, il flotte, un orage… Manquais plus que ca… J’sens que j’vais passer une bonne partie de ma marche sous la flotte… Heureusement, c’te forêt me protège pour l’instant… Tiens, j’aperçois le bout, enfin…

AAARRRGHHH ! Merde! Un truc m’a sauté dessus! Je l’ais même pas entendu arriver ! Faut que j’me barre, vite! J’ai d’la chance, j’ai un bon cardio, mais bon bras me fait atrocement mal! La bête me traque! Le chasseur devient chassé! Merde, j’ai mal! Ca pisse le sang, il m’a pas raté l’con!

Me voilà enfin sorti… P’tin… Vite, vers le bâtiment là bas! M-merde! Il est loin… J’sais pas si j’aurais l’temps, ou la force… J’y suis presque! La porte, vite! Han!, fermé, j’dois la bloquer, ca machin dois bien pouvoir tenir le coup… Pis y’en a au moins une bonne dizaine comme c’lui là… O-ouf, j’ai eu chaud… Mais c’est quoi c’te bête! Il continue en plus de vouloir rentrer le con! Il va finir par s’assommer… Puis, j’suis trop essoufflé pour repartir, et j’dois soigner ca… J’ai déjà perdu pas mal de sang…

Y’a pleins de vielles loques ici, parfait pour les bandages… Faut que j’serre bien fort…

Arrgh, ca fait mal merde! Il m’a bien amoché l’con… En attendant qu’il s’casse, vais manger un truc, faut que j’reprenne des forces… Y doit bien avoir quelque chose ici… Fait chier, rien à bouffer… Pis l’autre veut pas s’barrer… Tiens, il pleut plus… j’y avais pas fait gaffe… P’tin, j’ai mal… Bon, faut que j’sorte et que j’aille à c’foutu entrepôt… J’ai pas envie d’laisser ma peau pour un gosse, mais l’chef c’est l’chef…

Bon, j’vais sortir ici, L’monstre m’verra pas si j’suis assez discret… Doucement… Tout doucement. Voilà… Il continue à taper sur la porte, avec tout l’sang que j’ai perdu à l’intérieur, il doit sentir que ca… C’est bon, il est loin, je peux marcher normalement… Voilà l’entrepôt… Merde, un grillage, j’peux pas monter dans l’état que j’suis… Tant pis faut que j’aille voir… Humpf… Arghh, ca lance ! Merde, fait chier ! Han… J’suis passé… Et dire qu’il faudra que j’repasse par dessus c’te grillage… Pffff… Tout ce qu’il faut pas faire pour un gosse… Bon, c’est grand ici, vais pas tout fouiller… HO LE GOSSE ! T’EST LÀ ???

*ÉCHO*

Pas d’réponse… Il est probablement pas ici…

J’ai fait le tour de tous les bâtiments du coin, et rien, il doit pas être ici… Pis j’me suis déjà bien mis en quatre pour lui, je rentre au camp merde ! J’vais suivre l’autoroute, la forêt, j’retente pas…

Publié par Kanjy dans Roleplay

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VII. Fièvre

Les cris de la femme retentissent.

La lame lui perce la chair.

Mauvais rêve.

Je suais à grosses gouttes,  la douleur me paralysait. La légère flamme que nous tenions allumée depuis près de 4 heures commençait à faiblir doucement. Le mioche avait capitulé face au sommeil depuis une bonne heure, j’étais seul dans la tourmente. Je ne pouvais m’empêcher de penser à Léa.  Le vent s’engouffrait dans l’entrée de la station, ses râles résonnaient dans ma tête. La fièvre les transformait tantôt en hurlements d’enfant, tantôt en aboiements. Je vivais un des pires instants de ma vie.

Sa respiration est moins profonde.

Le gosse se réveilla doucement. Aussitôt debout, il m’apporta un peu de thé dans un récipient rouillé. C’était infâme mais il fallait que je m’hydrate, que je me réchauffe. La blessure s’était infectée et sonnait le glas de mes passages fantomatiques dans ce monde dévasté. Le feu crépitait et sa fumée noire montait vers l’aération au plafond de la salle. Le gosse me regardait. Il semblait triste mais, au fond de lui, il savait très bien qu’il hériterait de tous mes outils dès que j’aurai passé l’arme à gauche.

Il s’appelait Ricky… Enfin, il m’avait confié s’appeler Ricky. Je ne lui avais pas donné mon nom : les morts n’en portent pas.

Demain, il nous faudra partir.

Je ne serai jamais capable de prendre la route…

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VI. Castagne

J’ai fait le vide.

A cet instant précis, il n’y a plus rien qui compte…

Ma respiration était irrégulière, l’adrénaline me transcendait. D’une main, je repoussai la femme. De l’autre, je tranchai la chose qui lui servait de compagnon. Une gerbe de sang éclaboussa le gosse tandis qu’il renversait la grognasse d’un coup d’épaule. Stupéfaits par la vitesse de la chose, nos deux bourreaux étaient au sol. Comme elle attrapait un tesson qui traînait au sol, la femme se releva. La lueur de la torche se reflétait sur son corps transpirant, laissant apparaître une musculature sèche. Elle tenta de me planter le morceau de verre en hurlant.

J’esquive.

Les mâchoires serrées, elle respirait fortement : la haine encombrait ses bronches. L’homme, quant à lui, gisait au sol. Le coup de faux que je lui avais assené avait sectionné sa jambe au niveau de la cuisse, il baignait dans son sang. Le môme se tenait toujours à côté de moi, tel un félin prêt à bondir.

Reste en dehors de ça, petit.

Le gamin acquiesça. Je le vis se diriger vers la première de nos victime. Il commença à fouiller le cadavre alors que je luttai toujours avec la sauvageonne. Les coups de mon adversaire étaient puissants et rapides mais j’avais l’avantage de l’allonge. Ma faux fendait l’air comme elle tranchait la chair, je devins une machine à tuer.

Une brûlure, une douleur vive.

Le tesson s’était planté dans ma cuisse tandis que d’un mouvement ample, je fis voler la tête de horrible femme. Son corps lourd et inanimé agrandit ma plaie lors de sa dernière chute.

Le calme.

Je tombai au sol. L’enfant s’approcha de moi. Il semblait s’inquiéter de mon sort. Aussi jeune qu’il fut, il savait qu’une blessure, aussi minime qu’elle soit, condamnait souvent celui qui la trimballait. Nous décidâmes de passer un peu de temps dans la station de Métro.

[A suivre]

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V. Coup de Théâtre

La barre fend l’air.

Je l’évite.

Les trois horreurs nous avaient encerclé.  Le gosse ne semblait plus avoir peur. Ses yeux étaient d’un noir profond, il fixait les cannibales d’un regard sûr et provocateur. Quelle idée avait-il en tête ? Je tentai de décocher un coup de poing à l’ivrogne. Toujours titubant, la crasse l’évita de justesse en trébuchant sur une vieille casserole.  Je scrutai la pièce, où avaient-ils pu ranger ma faux ?

Mais où est-il ?

Le mioche avait disparu… Pris dans ma lutte, je ne l’avais même pas remarqué.  Avait-t-il couru pour sauver sa vie ?

Je me demande ce que ce petit con a derrière la tête.

Les trois monstres n’avaient pas remarqué la fuite du petit, trop occupés à jouer avec mon corps meurtri, le lacérant, le tuméfiant alors qu’ils continuaient de rire. Je commençai à me laisser déborder et la douleur me faisait doucement perdre connaissance… Peut-être avais-je perdu trop de sang ? Le plus gros des rois me fit perdre l’équilibre et se jeta sur moi. J’étais foutu.

Splurtch.

Le colosse ne bougeait plus, je ne sentis plus son souffle putride me brûler les narines. Alors que ces deux compères hurlaient, son sang se rependait sur moi.

Le gosse !

Le sale gamin avait retrouvé ma faux et l’avait planté en plein dans le crâne de l’abomination. Voilà qui changeait l’équation…

Léa ! Ce soir nous seront réunis !

[A suivre]

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IV. Lynchage

Un premier coup.

Je serre les dents.

Ces salauds riaient.  Après m’avoir bien rossé, ils retournèrent vers la femme captive. La pauvre était tuméfiée, ligotée avec de vieux morceaux de fil barbelé. Ils semblaient amusés de cette situation… Ces temps étaient vraiment sordides.

Le plus gros des trois prit une énorme pierre qui traînait au sol. Alors que l’ivrogne l’encourageait, il enfonça le crâne de la pauvre femme. Son corps inerte n’était pas encore raide, ils commencèrent à la dévorer, crue.

Le prochain, c’est moi.

Ma vie dépendait de leur satiété. C’était horrible à dire, mais j’espérais que la malheureuse leur remplirait bien le ventre. Au final, j’aurais préféré que le maître des lieux soit ce sale gosse… Mais où était-il ? Je scrutais la pièce du regard, à la recherche du moindre signe de vie de l’enfant. Mes yeux fatiguaient à force de se perdre dans les ténèbres.

Le corps de la femme était en pièces. La pauvre avait été débitée et accrochée au plafond à l’aide des mêmes fils barbelés qui la ligotaient de son vivant. Les trois monstres, repus, se couchèrent et l’homme à la bouteille s’endormit. Ses ronflements semblèrent assommer ses deux compères qui le rejoignirent très rapidement.

C’est le moment.

« Gamin ! Gamin ?»

Je tentais de le faire sortir de sa cachette.

« Ils dorment, n’aie pas peur, viens me libérer et je t’aiderai !»

Rien.

Soudain, l’enfant sortit de sa cachette. Il tremblait, la peur le tétanisait. Il dût grimper sur moi pour arriver jusqu’à la corde attachant mes mains. Je ne sentais plus mes bras… Je lui indiquais le couteau dans ma poche, il défit mes liens.

Le sol.

Quel choc, quel boucan…

Les trois horreurs se réveillèrent.

[A suivre]

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